« Je ne suis pas immanageable » : ce que j’ai mis des années à comprendre
Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais immanageable. L’une de mes DRH m’avait même lancé un jour : « Mais est-ce que tu as un problème avec le management ? » Cette phrase m’a suivie des années.
J’ai fini par me demander si le problème, c’était vraiment moi.
Avec le recul, la réponse est non. Je n’étais pas immanageable : c’était simplement la façon dont on me manageait qui ne me convenait pas du tout — au point de me faire fuir
Quand le management devient paternaliste sans même s’en rendre compte
En revisitant mes expériences professionnelles, j’ai réalisé que la majorité de mes managers adoptaient avec moi un comportement paternaliste.
Le fameux « Je suis ton père ».
Rien de conscient, bien sûr. Mais la posture était là : soit un manager très normatif, soit une attitude de « parent nourricier ».
Ce n’est qu’en me formant au coaching et en me connectant à l’analyse transactionnelle que j’ai compris ce qui se jouait réellement.
Lorsqu’ils se positionnaient en « père » — et il s’agissait d’hommes, à chaque fois — je glissais automatiquement dans un rôle d’« enfant ».
Parfois l’enfant adapté-soumis, mais le plus souvent l’enfant rebelle. Celui qui se braque, qui résiste, qui se débat.
Et je comprends mieux aujourd’hui pourquoi on m’a posé cette question : « Es-tu manageable ? »
Le déclic : refuser qu’on me parle comme à une enfant
Un jour, j’ai eu un vrai déclic.
Je me suis dit : non, je ne suis pas un problème.
Je suis une adulte, une professionnelle avec cinq années d’études, de l’expérience, des équipes managées, des projets complexes menés.
Je n’avais plus envie qu’on s’adresse à moi comme à une enfant.
J’ai fini par en parler à mon manager du moment, quelqu’un d’assez ouvert pour entendre ce que j’avais à dire.
Je lui ai expliqué :
« À chaque fois que nous sommes en réunion, tu prends une posture de père. Et moi, automatiquement, je me mets en posture d’enfant. C’est pour ça qu’on n’arrive pas à construire ensemble. »
Il m’a écoutée… s’est énervé… est parti.
Puis, quinze jours plus tard, il est revenu :
« Je crois que j’ai compris ce que tu voulais dire. »
Quelques années après, il m’a offert un cadeau précieux :
« Tu es la personne avec qui j’ai le plus travaillé, brainstormé, avancé. ».
Pourquoi je milite pour un management adulte-adulte
Depuis, je milite pour un management véritablement adulte :
un management qui voit l’autre dans sa compétence, sa puissance, sa capacité.
Un management qui accompagne, qui fait grandir, qui fait confiance.
Un management qui ne contrôle pas en considérant les collaborateurs comme des enfants en incapacité.
Parce que, finalement, nous ne sommes pas « immanageable ».
Nous avons simplement besoin qu’on nous parle d’adulte à adulte.
Ce que j’accompagne aujourd’hui avec MêTis Transformation
Aujourd’hui, avec MêTis Transformation, j’ai envie d’aider les managers à trouver la bonne posture. Celle qui les fait grandir et développe leurs collaborateurs !

