Etre authentique ?
Toute ma carrière, on m’a souvent fait le même feedback :
“Tu es authentique.”
Et c’est vrai.
Je ne sais pas faire autrement.
Cette authenticité a parfois eu un coût.
Elle m’a exposée, m’a mise en décalage.
Mais jamais je n’aurais voulu la renier. Car…
Porter un masque a un coût bien plus grand.
Un masque, ce n’est pas seulement “faire professionnel”.
C’est mettre à distance ses émotions.
C’est filtrer ses ressentis.
C’est jouer un rôle.
C’est sur-adapter son discours, son énergie, son comportement.
Et cela consomme une énergie folle.
Mais le plus grave n’est même pas là.
Les coûts cachés du masque professionnel !
Un coût individuel
Porter un masque, c’est maintenir en permanence un écart entre ce que l’on vit intérieurement et ce que l’on montre extérieurement.
Cet écart crée :
fatigue mentale
perte d’élan
désengagement progressif
perte de sens
À long terme, cela alimente le stress chronique, l’usure émotionnelle, voire le burn-out.
L’énergie qui pourrait être investie dans la créativité et l’impact est utilisée pour se contrôler.
Un coût relationnel
Le masque coupe du lien.
Il coupe des signaux faibles.
Il coupe de la compréhension fine de l’autre.
Il coupe de la confiance.
Quand chacun protège son image, personne ne prend le risque de la vérité.
On échange des positions.
On défend des territoires.
On protège son statut.
Mais on ne coopère pas en profondeur.
Or la coopération authentique ne naît pas de la compétence seule.
Elle naît de la sécurité relationnelle.
Sans cela :
les tensions s’enkystent
les non-dits s’accumulent
les malentendus prolifèrent
C’est perdant-perdant !
Un coût organisationnel
Une organisation où le masque est la norme :
innove moins
apprend moins vite
détecte moins bien les risques
corrige plus lentement ses erreurs
Pourquoi ?
Parce que les idées divergentes ne sont pas dites.
Parce que les signaux d’alerte sont minimisés.
Parce que les collaborateurs s’auto-censurent.
On croit protéger la performance.
En réalité, on la fragilise.
On n’imagine pas à quel point cela impacte la performance individuelle et collective.
Une prise de conscience marquante
J’ai été particulièrement marquée un jour en rencontrant un collègue hors contexte professionnel.
Pour la première fois, j’ai vu tomber son masque.
Et j’ai découvert une profondeur, une sensibilité, une intelligence relationnelle que je n’avais jamais perçue.
Nous avons créé en quelques heures une intimité professionnelle que nous n’avions pas construite en plusieurs années.
Et j’ai ressenti un regret immense.
Tout ce que nous aurions pu bâtir ensemble si nous avions travaillé sans masque.
Beaucoup de mes interventions, ont pour thématique cette problématique
Beaucoup de mes interventions explorent cette question des postures : naturelle, adaptée… et masque.
Parce que derrière le masque, il y a :
l’énergie
le courage
la puissance d’être pleinement soi
et la capacité d’impact réelle
Je suis convaincue d’une chose :
Le vrai levier de transformation n’est pas la stratégie.
C’est le niveau d’authenticité que le système autorise.
Concrètement, que peut faire une organisation ?
L’authenticité ne se décrète pas.
Elle se rend possible.
Voici quelques leviers concrets :
Valoriser l’expression des désaccords
Accueillir les erreurs comme des opportunités d’apprentissage
Protéger ceux qui osent dire ce qui dérange
Encourager les leaders à reconnaître ses doutes ou ses limites ouvre un espace d’authenticité pour les autres. L’exemplarité est déterminante.
Donner de l’autonomie réelle
Ce n’est pas une question de baguette magique. C’est un choix culturel. Un travail systémique.
Un engagement dans la durée.
Mais le retour sur investissement est immense :
Plus d’énergie.
Plus de coopération.
Plus d’innovation.
Plus d’engagement.
Et surtout…
Des organisations vivantes.

